Les Soninkés

Les Wolofs les nomment « Sarakholés ». Pour les Bambaras, ce sont des  « Marakas ». Songhaïs et Malinkés les appellent respectivement « Wakoré » et « Wangara ». « Marka » est leur nom au Mali, dans la région de Ségou, et au Burkina-Faso… L’éthynonymie des Soninkés est aussi diverse que les peuples qui en sont voisins : Aswanik, Dafing, Dafi, Dyakanke, Gadyaga, Maraka, Maraxa, Marka, Marka Soninké, Saracole, Sarakolé, Sarakollé, Sarakule, Sarawule, Saraxole, Seraculeh, Serahuli, Serakhulle, Silabe, Soniake, Soninkés, Sonninké, Toubakai, Wakore, etc.

Eux-mêmes se désignent par soninké, en réalité le singulier du mot soninko.

Bathily Mody les définit comme une ethnie d’Afrique de l’Ouest Mali, Mauritanie, Sénégal, Gambie, ainsi qu’une diaspora située un peu partout dans le monde. Ethnie pérégrine, majoritaire parmi les migrants africains noirs en France. Les Soninkés résident essentiellement dans une quinzaine de régions de l’Afrique de l’ouest. Ce sont : le Hayiré (Sénégal – Mauritanie), le Gidimaxa (Mauritanie – Mali), le Gajaaga y compris le Bundu (Sénégal – Mali), le Kanbiya (Gambie), le Jonboxu, le Jaafunu, le Soroma, le Gidinme, le Xañaaga, le Karata, le Kingi, le Tiringa, le Baaxunu, le Wagadu, le Bananba, à l’intérieur du pays Bambara. Ces onze dernières régions sont en République du Mali.

Le pays soninké

Pays dont les Soninkés sont originaires. En rouge, la nation soninké spécifique – Wikipedia

Ils parlent le soninko-xanné, une langue mandée. Ils habitent une région sahélienne soumise à une forte désertification (la pluviométrie est de 350 à 700mm). En 2015, on les estimait à 1 077 000 au Mali, 280 000 au Sénégal, 180 000 en Gambie, 156 000 en Mauritanie et 5 500 en Guinée-Bissau… sur un total tournant autour de 3 500 000 personnes. Selon une lointaine tradition, ils émigrent à l’étranger où ils travaillent à la fois pour nourrir la famille étendue et, de plus en plus, contribuer au développement économique de leur terre d’origine.

En 2015, on les estimait ainsi à 19 300 en France où leur diaspora demeure la plus importante, parmi la population subsaharienne dans ce pays (surtout en région parisienne).

Les Soninké sont un peuple très ancien car leurs origines remontent au-delà de Wagadou, communément appelé Empire du Ghana. Celui-ci est considéré comme le premier empire structuré de toute l’Afrique Noire. Aussi loin que les anthropologues puissent remonter, ils viendraient du côté de la Nubie. Anthropologues, historiens et ethnologues considèrent que le royaume existait déjà au (minimum) VIe siècle.

Il existe une divergence notable entre certains écrits et la tradition orale soninké maintenue vivante par les Griots. Certains historiens s’y attardent, à l’image de Monteil : «… la fondation d’un Etat Soninké Noir, à une époque indéterminée, avec Koumbi Saleh comme Capitale  qui aurait été désertée quelques siècles plus tard à la suite de sept années consécutives de

Quoi qu’il en soit, durant le XIe nombre d’auteurs arabes (le géographe Al-Bakri notamment, en 1068) décrivent un État du Ghana, très prospère, situé au sud du Sahara, entre les fleuves Sénégal et Niger, pourvu de «… biens et des réserves d’or.  »