La société

Travail champêtre

Jeune homme soninké en plein travaux des champs.

Les Soninkés vivent sur la vallée du fleuve, plus particulièrement dans la région de Guidimakha et la région du Gorgol. Ils culti vent le mil, entre autres, et sont considérés comme les meilleurs cultivateurs de la Mauritanie. Éleveurs,ils s’occupent du petit bétail plus rarement des bovins, spécialité des Peul avec lesquels ils vivent en symbiose économique (les bovins fertilisent les champs de mil une fois la récolte faite) ; il leur arrive aussi de confier des bêtes aux Peul.

Héritière des grands empires, la société est divisée hiérarchiquement : les nobles ou Hooro appartiennent à l’ancienne aristocratie guerrière ; les marabouts ou Moodinu sont versés dans le commerce et la confection de talismans ; les « gens de la parole » ou Nyakamalo sont les musiciens, les généalogistes et les conteurs ; parmi les artisans, les forgerons ou Tagu fabriquent les outils, pratiquent les circoncisions ; tout en bas de l’échelle on trouve les descendants d’anciens esclaves, les Komo, souvent affranchis au début du XXe siècle et dont l’origine est connue de tous.

Ce système est héréditaire. Les mariages se font au sein de chaque catégorie. La société soninké est patrilinéaire.

Le Tunka, le roi, est le chef politique. Il est propriétaire des terres de son pays et de ce qui y pousse. Il est issu des tunkalemmu (princes et héritiers de la royauté) auxquels il se réfère avant de prendre une décision. Les chefs de village doivent obtenir la bénédiction du tunka pour exercer.

Le groupe, au quotidien, est conditionné par la famille élargie. Les enfants sont ainsi

Enfants soninké jouant à travers champs.

élevés par toute la communauté et il n’est pas rare de trouver des familles soninkés de plus de 100 personnes, partageant les repas quotidiens.

Les Soninké accordent une grande importance au nom de famille. Au point que les femmes n’en changent guère après le mariage, contrairement à l’usage dans la société occidentale. Le nom de famille les situe dans l’espace et le temps : il permet de regrouper tous les cousinages. A titre d’exemple, les patronymes Diawara, Camara, Sakho, Doucouré, etc. partagent une même origine, une même histoire.